Ouverture des titres professionnels à l’apprentissage

Publié le par Contrat Apprentissage

Le titre professionnel :

un nouvel atout pour les apprentis et pour les entreprises

I - La généralisation de l’ouverture des titres professionnels à l’apprentissage : pourquoi, qui, quoi, quand et comment ?

II - Un titre professionnel, c’est quoi ?

III - Lutter contre les idées fausses + réponses aux questions les plus posées

IV - Quelques chiffres clés

V - Exemples de titres professionnels

I – La généralisation de l’ouverture des titres professionnels à l’apprentissage : pourquoi, qui, quoi, quand et comment ?

Pourquoi ?

Il s’agit d’offrir aux jeunes davantage de possibilités de formation, notamment en apprentissage. Aujourd’hui, les jeunes préparent exclusivement des diplômes de l’éducation nationale.

Or, le ministère chargé du travail créé des titres professionnels qui répondent à une double demande :

- Celle des entreprises pour pourvoir des emplois sur des métiers en développement ou des métiers dits de niche. Il s’agit aussi de répondre à des problématiques d’attractivité dans certains secteurs et métiers ;

- Celle des jeunes qui peuvent être davantage à l’aise avec la pédagogie de la formation des titres professionnels.

Ces deux enjeux s’inscrivent également dans des logiques de filière qui justifient d’établir des passerelles entre les diplômes et les titres.

Qui ?

Les jeunes sortis de formation initiale sans qualification et ayant satisfait à l’obligation scolaire ainsi que les jeunes ayant déjà obtenu un diplôme au moins de niveau V.

Par exemple, les jeunes titulaires d’un diplôme de niveau V pourront construire leur parcours professionnel en préparant des titres en contrat d’apprentissage.

Autre exemple, un jeune décroché suite à une rupture de contrat d’apprentissage et qui serait en réorientation professionnelle pourrait préparer un titre professionnel par la voie de l’apprentissage.

Quand ?

Les jeunes bénéficieront de cette possibilité dès le mois de juin.

Quoi ?

Tous les titres professionnels du ministère du travail (soit les 250) peuvent être ouverts à l’apprentissage. Pour articuler les offres de formation (lycées professionnels et apprentissage) dans une logique de complémentarité, un travail de recensement des besoins a été fait par les branches professionnelles. Une première liste de 85 titres professionnels a été identifiée par les branches.

Ainsi, on peut citer, à titre d’exemple, les titres professionnels :

- d’assistant (e) de vie aux familles,

- d’auxiliaire de prothèse dentaire,

- de conseiller (e) en technologie de l’information et de la communication,

- de gestionnaire de paye,

- de chaudronnier (e),

- de monteur (se) de structures aéronautiques métalliques et composites,

- de sellier harnacheur.

Ce travail doit être affiné au niveau territorial, les conseils régionaux étant compétents pour décider des nouvelles formations à retenir.

Comment ?

La formation des jeunes sera assurée par les CFA et les employeurs, conformément à la réglementation sur l’apprentissage, et la certification sera assurée par les centres bénéficiant d’un agrément délivré par les DIRECCTE, conformément à la réglementation concernant le titre professionnel.

Enfin, les décisions d'ouverture des formations par apprentissage relèvent des Régions, compétentes en matière d'évolution de la carte des formations professionnelles initiales.

→ L’ouverture des titres professionnels à l’apprentissage ne modifie pas la règlementation applicable à l’apprentissage, elle développe juste l’offre disponible.

II – Un titre professionnel, c’est quoi ?

Les titres professionnels sont des certifications en lien direct avec l’emploi.

Les titres professionnels sont ainsi construits par des professionnels dans le cadre des commissions consultatives paritaires associant les partenaires sociaux interprofessionnels et ceux des secteurs concernés pour former de futurs professionnels. Afin d’être en adéquation avec les évolutions des métiers et conformes aux besoins des branches professionnelles, ils sont révisés tous les 5 ans.

Les titres professionnels peuvent notamment permettre à des jeunes d’accéder à une qualification adaptée aux attentes de leurs futurs pairs et des entreprises à l’aide d’une pédagogie différente de celle utilisée dans le cadre de la préparation d’un diplôme professionnel sous statut scolaire ou en apprentissage. Cette pédagogie est davantage centrée sur l’apprentissage de savoirs professionnels et de savoirs généraux à travers l’étude et la répétition des gestes professionnels indispensables à l’exercice d’un métier au sein des entreprises.

Les candidats aux titres professionnels sont évalués, par des professionnels du métier visé, sur leur maîtrise des gestes techniques nécessaires pour exercer ce métier.

Les titres professionnels peuvent par exemple viser les métiers suivants :

Serveur en restauration / titre professionnel de niveau V : le serveur en restauration mobilise trois blocs de compétences :

  1. réaliser les travaux préalables au service en restauration,
  2. accueillir, conseiller le client et prendre sa commande en français et en anglais,
  3. réaliser le service en restauration.

Les codes de la profession deviennent moins solennels, mais non moins professionnels. Le serveur adapte désormais sa façon de communiquer en fonction des attentes du client. L’ensemble des compétences qui s’exercent en présence du client intègrent cette dimension relationnelle. Parmi les compétences émergentes, les connaissances linguistiques et culturelles sont de plus en plus nécessaires.

Cariste d’entrepôt / titre professionnel de niveau V : le cariste d’entrepôt réalise et valide les opérations de stockage et déstockage en conduisant en sécurité des chariots automoteurs de manutention à conducteur porté de catégories 3 et 5. Les entreprises recherchent un personnel en capacité d’utiliser en sécurité et avec dextérité les engins de manutention, d’appliquer les règles d’hygiène, de sécurité, de sûreté et de qualité en lien avec la manipulation et la conservation des produits. Les caristes se servent couramment des outils informatiques reliés au système de gestion de l'entrepôt.

Electricien d’équipement / titre professionnel de niveau V : Les fonctions de l’électricien d’équipement peuvent requérir trois blocs de compétences :

  1. réaliser l'équipement électrique des locaux d'habitation,
  2. réaliser l'équipement électrique des locaux tertiaires,
  3. réaliser l'équipement électrique des locaux industriels.

L’électricien adapte ses compétences aux évolutions technologiques des matériels et aux techniques de mise en œuvre des courants forts et des courants faibles.

Pour en savoir plus : http://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle/formation-professionnelle-des-demandeurs-d-emploi/titres-professionnels

III – Lutter contre les idées fausses + Réponses aux questions les plus posées

Idée fausse n°1 : l’apprentissage sera désormais limité au titre professionnel

FAUX.

L’ouverture des titres professionnels à la voie de l’apprentissage s’inscrit dans une logique de diversification des formations proposées aux futurs apprentis. Le titre professionnel constitue ainsi une certification complémentaire aux diplômes professionnels. Par ailleurs, et dans la logique d’une évolution tout au long de la vie, des passerelles entre les titres et les autres diplômes professionnels seront mises en place autant que possible.

Exemple : Dans le cadre de l’expérimentation conduite en Aquitaine, 200 apprentis par an préparent un titre professionnel dans le secteur du commerce, de la restauration, du bâtiment et du transport logistique, en complément des diplômes de l’éducation nationale.

Idée fausse n°2 : le titre professionnel ne permet pas l’acquisition des savoirs de base

FAUX.

Il n’est pas possible d’obtenir un titre professionnel sans maîtriser les savoirs de base même pour les titres de niveau V.

Ainsi, la formation dispensée en CFA s’accompagne nécessairement d’apprentissages théoriques, indispensables pour la bonne compréhension et appréhension de la technique professionnelle (les formateurs les qualifient d’ « aller/retour tableau »).

Exemple :

  • Le peintre doit savoir calculer une surface pour définir la quantité de peinture dont il a besoin ;
  • l’assistant(e) de vie aux familles doit être en mesure de lire et comprendre les consignes spécifiques aux personnes qu’il/elle aide ;
  • l’agent de propreté et d’hygiène doit être en mesure de faire des dosages et de comprendre les instructions figurant sur les étiquettes des produits dont certains sont potentiellement dangereux.

Idée fausse n°3 : les titres professionnels sont des certifications établies par les branches professionnelles

FAUX.

Les titres professionnels sont délivrés par l’Etat (par les services des DIRECCTE). Ils sont élaborés suite à un travail de concertation associant les organisations représentatives des employeurs et des salariés. Les services de l’Etat encadrent et contrôlent également le processus de délivrance des titres professionnels

A ce titre, les titres professionnels sont inscrits de droit au répertoire national de la certification professionnelle (RNCP), ce qui n’est pas le cas des certifications réalisées par les branches.

Idée fausse n°4 : les titres professionnels sont des titres de l’AFPA

FAUX.

Les titres professionnels résultent du travail réalisé par les commissions paritaires consultatives. Ce sont des instances paritaires composées des organisations représentatives des employeurs ou des salariés au niveau national. Celles-ci sont chargées d’apporter leur expertise au ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social en matière d’évolution des certifications.

La construction des titres professionnels est confiée par le ministère à la direction de l’ingénierie de l’AFPA, dans le cadre d’une mission de service public, strictement encadrée et pilotée par les services de l’Etat. L’Etat définit les objectifs à atteindre à l’occasion du parcours de formation et décrit l’organisation de l’examen permettant d’obtenir le titre professionnel.

Tout organisme de formation délivrant la formation attendue par le ministère peut demander un agrément pour organiser les examens.

Q : La préparation du titre professionnel par la voie de l’apprentissage s’inscrira-t-elle dans les calendriers des campagnes d’apprentissage ?

R : L’organisation des sessions de certification aux titres professionnels peut intervenir à tout moment de l’année, ce qui offre une plus grande souplesse tant aux jeunes qu’aux entreprises

Ainsi, actuellement un jeune, qui répond aux conditions énoncées dans l'instruction, entré en CAP au septembre et qui n’a pas trouvé d’entreprise au mois de décembre de l’année N doit sortir du CFA et doit souvent attendre la campagne d’apprentissage N+1 pour tenter à nouveau sa chance. Dorénavant, si ce jeune décide de préparer un titre professionnel, il pourra entamer une formation sans attendre la campagne d’apprentissage suivante.

Q : Qu’est-ce qu’apporte le titre professionnel par rapport à l’offre existante en matière d’alternance ?

R : La plus-value du titre professionnel réside dans l’originalité de ses modalités de certification ayant un impact sur les modalités de formation. En effet, les titres professionnels reposent sur la maîtrise de compétences professionnelles acquises en situation réelle de travail, tout en assurant l’acquisition de savoirs de base. Les candidats aux titres professionnels sont évalués, par les professionnels du titre visé, sur leur maîtrise des gestes techniques nécessaires pour exercer le métier visé.

En outre, le titre professionnel, non soumis à une saisonnalité de la certification, peut être préparé tout au long de l’année et s’adapter aux besoins de recrutement des entreprises.

IV – Quelques chiffres clés

L’offre de certification du ministère en charge de l’emploi est constituée d’un portefeuille de 250 titres professionnels, dont 198 titres de niveau IV et V, 51 titres de niveau III et 1 titre de niveau II.

Tous les secteurs d’activité sont couverts par les titres professionnels.

Pour l’année 2014, 124 286 candidats se sont présentés à un titre professionnel et 98 364 candidats ont été admis soit un taux de réussite de près de 80%. En 2014, le nombre de candidats présentés au titre progresse de 11,2% par rapport à 2013, soit une augmentation totale de 18,3% depuis 2012. Cette tendance à la hausse se confirme en 2015.

Concernant l’insertion professionnelle des titrés, les chiffres sont également très positifs : 66,6% des certifiés au titre « voie formation » (issus de centres agréés appartenant au réseau AFPA) et 80,8% des certifiés au titre « voie VAE » accèdent à l’emploi dans les 6 mois suivant la validation de leur titre.

V – Exemples de titres professionnels

Les titres professionnels suivants, caractérisés par des flux importants de candidats, sont déjà préparés en apprentissage et répondent aux besoins des employeurs. A ce titre, ils pourront être valorisés et donnés comme exemple à l’occasion d’actions de communication.

  • Technicien(ne) supérieur(e) en méthodes et exploitation logistique (niveau III)

http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=1901

  • Installateur de réseaux câblés de communications (niveau V)

http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=1264

  • Gestionnaire de paie (niveau III)

http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=4113

  • Cuisinier(ère) (niveau V)

http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=1891

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